Film documentaire, 17 min, 2012
Étude sur les rites et lieux sacrés du Turkmenistan et du sud ouzbek, menée sur le terrain d’octobre à décembre 2012.
Extraits de synthèse :
La place laissée aux coutumes permet une religion vécue, dans laquelle on cherche à entrer en contact avec le divin. Les rites que nous avons étudiés puisent en partie leur source dans un animisme ancestral, qui sait mieux s’adapter aux différentes époques qu’une religion dogmatisée pour laquelle on souhaiterait arrêter la marche du temps. Au Turkménistan, ces pratiques rituelles constituent une institution sociale non négligeable pour une population sans cesse contrôlée. Le parti pris du nouveau dirigeant turkmène semble même aujourd’huis’appuyer sur ces pratiques constituantes de la tradition comme un élément clé de la nécessaire spécificité de l’identité turkmène, où l’islam est relégué au rang d’héritage culturel. Par contre, en Ouzbékistan, la pression de mouvements islamistes peut avoir tendance, selon les régions, à forcer à la discrétion les pratiquants de rites préislamiques, ou plus précisément « péri-islamiques » étant donné que leur origine n’est pas toujours connue dans la continuité. Le prestige de ce pays obtenu dans son rôle de garant de la connaissance islamique en Asie centralele force à montrer une certaine orthodoxie. Il nous apparaît cependant que le respect des rites coutumiers par l’assimilation permet une religion vécue plus proche de la mission spirituelle originelle de l’islam que du rôle politico-social que lui revendiquent les fondamentalistes.
Carnet de recherche : https://pelerinsdasie.wordpress.com/
