Recherche de terrain en sciences des religions, collecte sonore, 2026
Communication lors du Symposium A Generation On – New Theories, Methodologies, Spatial Inquiries, and Research Directions with SWANA Youth. », organisé par IFPO / MMU, mai 2026
Résumé
S’appuyant sur un travail de terrain mené à Amman en 2024, cette contribution explore un rituel bien connu dans toute la région SWANA mais peu étudié dans la littérature universitaire. Malgré la concurrence évidente des réveils et des téléphones portables, les tambourineurs de rue ou « réveilleurs » (appelés musaharati en arabe) continuent de façonner le paysage sonore des nuits du mois de Ramadan dans de nombreuses villes de culture islamique. Seuls ou accompagnés de quelques collègues, les musaharati parcourent les rues d’un quartier en battant du tambour et en scandant des formules pour réveiller les habitants avant l’aube, à l’heure du suhoor. Notre étude vise à identifier la dynamique de cette pratique dans les quartiers du centre-ville d’Amman et les raisons de sa résistance à la modernité. Elle rassemble des observations ethnographiques réalisées pendant les nuits du ramadan, des entretiens avec des musaharati, les résultats d’une enquête et une analyse des commentaires en ligne.
Matériau sonore collecté
Différents type de « recitations », plus ou moins chantées,
Bruits exprimants le contexte de la déambulations nocturnes, chiens aboyants, résidents interpellants, alarmes de voitures déclenchées.
Suite du résumé
Cette recherche met en évidence les différences entre les pratiquants plus âgés et les jeunes, mais examine également, dans une perspective diachronique, la manière dont le rituel est célébré aujourd’hui et comment il l’était autrefois. Nos résultats montrent une pratique non réglementée et pluraliste, généralement appréciée par les habitants. Si les jeunes sont plus nombreux qu’auparavant à endosser ce rôle saisonnier d’indépendant, ils participent également à sa reconfiguration. Parmi les changements, on note une plus grande mobilité entre le domicile et les lieux de représentation, un anonymat accru, des territoires délimités par la portée sonore pour gagner du temps, le rassemblement en groupes et des niveaux variables de dévotion religieuse parmi les praticiens. Il apparaît alors que l’aspiration à un espace et à un temps de liberté pourrait être un facteur de motivation clé, surpassant le désir de préserver la tradition, de rechercher un gain financier ou d’apporter une contribution sociale ou spirituelle. L’exploration de la catégorie des jeunes à travers leur participation à ce rituel offre un panorama des différentes situations auxquelles sont confrontés les jeunes d’Amman, même au sein d’une même communauté défavorisée. Elle interroge également la capacité de la jeune génération à saisir l’opportunité d’une tradition parareligieuse pour créer des espaces de répit et de transgression au milieu de diverses pressions, allant des difficultés de la vie quotidienne et du chômage structurel aux restrictions imposées à l’expression de la solidarité avec les Gazaouis.
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Texte intégral du rapport d’enquête (Master I / Religions et Société / Université Bordeaux Montaigne), 2024
Project presentation for the IFPO/MMU Symposium: A Generation On – New Theories, Methodologies, Spatial Inquiries, and Research Directions with SWANA Youth, 2026
